Collection: Là où la ville murmure

De 18 février 2026 à 12 avril 2026

L’exposition « Là où la ville murmure » réunit trois voix artistiques distinctes mais profondément en résonance – Marianne Pon-Layus, Iryna Merkulova et Mathilde Bois – explorant chacune notre perception, notre appropriation et notre imagination du monde urbain. À travers la figure, le geste, l’objet et le récit, l’exposition capte les mythes les plus subtils de la ville : le folklore ancré dans ses rues, les rythmes invisibles de l’espace vécu et la dynamique discrète de l’imaginaire personnel et collectif.

Marianne Pon-Layus explore un univers visuel où se mêlent contes populaires, imagerie féerique et présence surréaliste. Ses figures, à la fois puissantes et ambivalentes, puisent dans un riche répertoire qui fait écho aux divinités païennes, aux hybrides et aux archétypes mythiques, instaurant un dialogue troublant entre le quotidien et l'étrange. Ces œuvres interrogent les notions de représentation, d'identité et de pouvoir, soulignant comment le récit et les stéréotypes façonnent notre perception de nous-mêmes et de la communauté. Au sein de scènes urbaines en apparence familières, ses compositions se métamorphosent en fables de mémoire et de métamorphose – une ville qui semble vécue, rêvée et murmurée.

À l'inverse, Iryna Merkulova travaille dans un langage réaliste ancré dans l'observation et la perception, tout en ouvrant ce réalisme à des espaces de réflexion et d'ambiguïté. Ses peintures encadrent souvent des éléments architecturaux – fenêtres, seuils, scènes d'intérieur – non pas comme de simples surfaces statiques, mais comme des portails entre le visible et ce qui demeure hors de notre champ de vision. En s'intéressant aux reflets, aux seuils et à l'interaction entre intérieur et extérieur, Merkulova conçoit l'espace urbain comme un champ psychologique vécu. Par des compositions minutieusement observées, elle invite les spectateurs à réfléchir à la manière dont la mémoire, le sentiment d'appartenance et l'environnement bâti façonnent notre expérience visuelle et émotionnelle.

Mathilde Bois élargit le champ perceptif de l'exposition en y intégrant sculpture et formes symboliques, où oiseaux et objets artisanaux deviennent de discrets messagers d'attention et de sens. Ses œuvres tridimensionnelles, qu'elles soient perchées, en vol ou posées au sol, évoquent des récits de mouvement, de connexion et de refuge. Ces éléments sculpturaux complètent les dialogues picturaux de l'exposition, offrant des contrepoints tactiles qui ancrent les murmures impalpables de la ville dans une présence matérielle.

Ensemble, ces artistes invitent les spectateurs à ralentir, à habiter les seuils — entre le réel et le surréel, le visible et le caché — et à entendre les murmures de la ville non comme un bruit de fond, mais comme des échos poétiques de l'expérience vécue, de la mémoire mythique et de l'émerveillement perceptif.