Collection: Vanessa Yanow

Vanessa Yanow est une artiste visuelle originaire de Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal. Son travail englobe la broderie numérique, le collage textile, les artéfacts, le verre soufflé, le dessin et l’assemblage. Vanessa enrichit sa pratique artistique intuitive et tactile par une recherche dont la diversité inclut les questions de sexualités queer et d’expressions de genre, le soin communautaire, la représentation féminine dans l’histoire de l’art et de l’artisanat, les changements climatiques et la parasitologie. Vanessa a produit plusieurs grands corpus d’œuvres et a exposé à l’échelle nationale et internationale. Ses sculptures font partie de la collection permanente de la Ville de Montréal, du Musée des Métiers d’art du Québec et du Musée national des beaux-arts du Québec. Elle a été cofondatrice et coordinatrice de l’organisme à but non lucratif The Long Haul – un atelier et une galerie de 10 000 pieds carrés, situés dans le quartier Parc Extension de 2001 à 2025. Vanessa poursuit actuellement une maîtrise en fibres et pratiques matérielles à l’Université Concordia.

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Mon atelier est un laboratoire d’expérimentation, et ma pratique est guidée par le jeu. Je réalise des collages, des assemblages et des sculptures avec des textiles brodés à la main et à la machine, de vieux vêtements, des rebuts de famille, des objets trouvés naturels et fabriqués par l’humain, du bois, des chaînes, du verre chaud et tout ce que l’œuvre exige. Je combine intuitivement la matière qui me surprend et me touche.

Les objets que je crée sont des guides réfléchissants; ils écoutent et recueillent des fragments de ma vie intérieure et extérieure et les transforment en des formes que je n’aurais pas pu prédire. Ils me semblent à la fois étrangers et ancrés par ma présence. Ma pratique me donne l’espace pour mettre de l’ordre dans ma vie et pour naviguer entre le monde matériel et l’attrait de ce qui vit au-delà du langage.

Mon travail est une invitation à habiter la matérialité tout en explorant comment les corps, tant humains que plus qu’humains, prennent forme à travers les processus de transformation, de vulnérabilité et de soin. Les mains, les manches et les fragments de corps sont des symboles récurrents. Les manches agissent comme des substituts partiels du corps, elles portent des gestes, elles atteignent, tiennent et montrent l’absence. Détachées de leur fonction originelle, elles deviennent des architectures douces, des conduits pour la mémoire.

Ces œuvres rejettent l’idée d’une identité unique et stable et soulignent la porosité du monde matériel. Ce faisant, elles expriment un refus des binaires fixes : le soi et l’autre, la liberté et la contrainte, le terrestre et l’éthéré.

Je prends plaisir à orner mes pièces comme je le ferais pour mes proches – un acte de soin et d’exubérance qui marque un passage de l’individualisme vers une éthique d’interconnexion et de vulnérabilité partagée. La joie queer est toujours au premier plan – elle recadre le soin comme étant expansif, communautaire et résistant à l’oppression, où la joie elle-même devient une pratique de survie, de solidarité et d’épanouissement relationnel.

Vanessa Yanow CV