De 24 février 2024 à 8 mars 2024
Informations sur l'exposition
Du 22 février 2024 au 8 mars 2024, la Galerie Jano Lapin présente « Claiming Cultures » en collaboration avec Post-Invisibles dans le cadre de leur biennale.
Cherchant à extérioriser et à déconstruire leur rapport à l'immigration, Marcella França, Farzaneh Rezaei et Mancy Rezaei nous livrent un corpus poignant et profondément intime. Marquées par l'influence de la culture occidentale, elles se confrontent à de nouvelles façons de voir et de penser le monde, parfois au détriment de la cohérence de leur identité. Puisant leur inspiration dans la culture d'accueil et dans leurs souvenirs et récits passés, souvent liés à la famille, elles tentent de reconstruire leur identité et leur sentiment d'appartenance. Dans cette quête de soi, ce sentiment d'entre-deux les conduit souvent à se réapproprier leurs cultures.
L'œuvre de Marcella França illustre parfaitement cette idée. En faisant souvent de l'eau l'élément central de sa recherche artistique, elle nous transporte dans une poésie visuelle immersive et transcendantale. De la performance à l'art numérique, elle explore, à travers sa démarche, les relations entre la nature et les enjeux féministes contemporains, ainsi que des questions sociologiques, politiques et écologiques. Ses œuvres « Trying to Fit » et « Comfort Zone » nous confrontent à un sentiment de malaise et à un espace confiné où il est difficile d'exister. Remettant en question le patriarcat, les œuvres de Marcella França nous font ressentir ce malaise général et oppressant qui fait partie intégrante de la vie des femmes.
À travers les œuvres de Farzaneh Rezaei, c'est la fragmentation des territoires et de l'identité qui est abordée, le tout fragmenté et dispersé. Rezaei nous livre un témoignage universel partagé par beaucoup : la dure réalité de l'immigration et son impact psychologique et géographique. Utilisant le papier comme un terrain à part entière, elle l'explore et le maîtrise en définissant des chemins, des limites et des frontières avec ses pinceaux. Le choix de pigments tels que le safran renforce également le symbolisme de son travail, en écho à ses racines iraniennes.
Quant à Mancy Rezaei, elle s'investit pleinement dans une pratique artistique axée sur l'architecture et la géométrie. Passionnée par les motifs traditionnels iraniens, elle y déploie une expérience personnelle et intime, en écho à son histoire. Ses œuvres explorent la perception du corps féminin, un organisme politisé et exploité. Militante engagée pour les droits des femmes en Iran, Mancy Rezaei nourrit sa pratique de son expérience remarquable, donnant naissance à des créations uniques et percutantes.
C’est entre le désir de préserver leur héritage et celui d’absorber les influences de la culture d’accueil que les artistes abordent la question de savoir s’il est possible de trouver un équilibre dans cette dualité perpétuelle.






