Collection: Pascale Jean

Pascale Jean (née en 1999) est une artiste franco-canadienne établie à Montréal. Sa pratique picturale et sculpturale, influencée par une enfance passée dans les forêts boréales du fjord du Saguenay, tisse des liens visuels entre l'humain et le monde naturel. Par un jeu visuel audacieux entre la couleur et la distorsion corporelle, elle amplifie les tensions inhérentes à ses récits.
Formée à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et titulaire d’un BFA de l’Université Emily Carr (Colombie-Britannique, Canada), Jean explore le malaise psychologique à travers la couleur et le jeu. Insectes, humanoïdes difformes et symboles issus de l’inconscient collectif nourrissent son approche irrévérencieuse du malaise humain.
Son travail a été exposé au Japon, au Canada, en France et au Mexique, et a fait l'objet de reportages dans des revues et organismes de renom tels que Hyperallergic, CBC Arts et Suboart Magazine. La pratique artistique de Jean bénéficie du soutien d'organismes publics et privés, dont LOJIQ.
Fortement inspirée par les tensions linguistiques, Jean aborde les thèmes de la résistance, de la résilience, du malaise et de l'aliénation à travers un langage visuel délibérément expressif. Elle prolonge ses recherches sur le jeu comme outil de libération des tensions en adoptant une approche narratologique proche du journal intime, créant ainsi une archive visuelle ancrée dans l'expérience vécue.
Récemment, le travail de Jean a été présenté à Montréal dans le cadre du Festival Hors Service et à la Maison de la Culture Marie-Uguay.

***

La pratique artistique de Jean explore le malaise psychologique à travers une approche colorée et ludique. Partageant son œuvre entre peinture à l'huile et sculpture, elle révèle une sensibilité narrative puisant dans des symboles ancrés dans la psyché sociale. Par le jeu des couleurs et de la narration, les spectateurs sont invités à vivre des expériences sensorielles singulières.
Inspirée notamment par les tensions linguistiques, Jean aborde les thèmes de la résistance et de la résilience à travers un langage visuel délibérément expressif. Plongeant au cœur du malaise et de l'aliénation, elle prolonge sa recherche en utilisant le journal intime comme cadre narratologique – une archive visuelle d'éléments tirés de l'expérience vécue.
Transformées en récits complexes sur ses toiles, ces souvenirs acquièrent une esthétique à la fois séduisante par son utilisation de la couleur et troublante par la vulnérabilité qu'elle révèle, comme un perpétuel bras de fer.

S’appuyant sur l’ouvrage de Johan Huizinga, Homo Ludens , qui postule que le jeu est essentiel et indissociable du développement humain, Jean adopte la notion de « jeu » pour décrire son examen irrévérencieux du malaise humain.
Le jeu se matérialise par la création d'espaces intermédiaires où l'art devient un lieu de médiation entre l'expérience intime et le monde extérieur. Le jeu optique entre les couleurs choisies renforce la sensation de contempler l'interdit, en distordant l'image tandis que l'œil tente de la comprendre.
Les couleurs hypersaturées, les références à l'intimité et aux distorsions corporelles deviennent des outils de déconstruction des normes perceptuelles, invitant les spectateurs à osciller entre attirance et malaise.
L'omniprésence des insectes intensifie la tension narrative. L'environnement immersif qu'elle crée invite les spectateurs à un jeu perceptif où le malaise devient un terrain esthétique, les incitant à examiner leur propre rapport aux émotions perturbantes à travers une expérience à la fois séduisante et déstabilisante.