Collection: La vie entre

De 23 juillet 2026 à 12 septembre 2026

L’exposition est portée par les mondes végétaux suspendus d’Isabelle Parson. Ses photographies, prises dans des serres abandonnées, révèlent des espaces où la vie persiste même en s’éteignant. Feuilles tombantes, insectes immobiles, humidité suspendue dans l’air — chaque image habite un état entre l’être et le disparaître. Dans ces lieux de lente décomposition, la lumière devient une substance vivante, et le monde végétal semble planer en équilibre fragile. Parson établit la profondeur existentielle qui imprègne l’exposition — une gravité tranquille où la vie et le déclin coexistent en tension.

Vanessa Yanow prolonge cette gravité dans le royaume du corps. Ses assemblages textiles — manches, gants, architectures douces — évoquent des gestes fantomatiques, des bras qui tendent, tiennent ou témoignent d’une absence. Le toucher devient un langage, un lien invisible, une mémoire contenue dans la matière. Ses œuvres incarnent la présence du corps là où il n’est plus, une extension corporelle du seuil existentiel ouvert par Parson.

Carolina Magis Weinberg explore le temps lui-même comme un état liminal. Ses confettis — attrapés en pleine chute, incrustés dans la matière ou réimaginés à travers l’image — habitent le moment précis entre l’ascension et la descente. Ils capturent l’éclat de la fête : la vibration d’un instant qui s’estompe, la couleur qui s’attarde, la joie qui devient souvenir. Dans ses œuvres, le temps se suspend, comme si chaque fragment refusait de toucher le sol.

Hea R. Kim apporte une dimension fantastique et ludique à la constellation. Ses formes hybrides en céramique — mi-créature, mi-ornement, mi-mythe — jouent avec l’héritage, la transformation et l’humour. Elles habitent un espace où la tradition est réinventée, où l’identité devient un corps en métamorphose. Dans leur étrange joie, ces sculptures ouvrent un seuil où le réel et l’imaginaire se rencontrent.

Ensemble, les quatre artistes tracent un continuum de transformation : existentiel, corporel, temporel, mythique. Elles révèlent comment les corps — humain, végétal, textile, festif ou hybride — prennent forme à travers la vulnérabilité et la porosité du monde matériel. L’exposition invite les visiteurs à habiter ces espaces liminaux où la matière écoute, les gestes persistent, le temps se suspend et les formes se réinventent.

Et quand le regard revient sur Parson, quelque chose demeure : une lumière tremblante, un souffle retenu, un monde qui continue d’exister dans l’entre-deux.