Collection: Sarah Cloutier

EN (FR En Bas)

Biography 

Sarah Cloutier is an artist and a figurative painter based in Montreal. She is presently completing a Master of Fine Arts at UQAM (Montreal) and she obtained her bachelor of Fine Art from Concordia University (Montreal), majoring in Studio Art with a minor in sociology. Her work explores the role of materiality in image making within the context of the digital age, ubiquitous consumerism, hyperproductivity, and society of control. Through painting, she interrogates our gaze and creates interactions between the experienced, lived present and art history. Her work was presented within two solo shows, Comprendre qu’on ne comprend rien (2022) and Vanités de confinement (2022). It has also been part of group shows such as dont Peinture fraîche et nouvelle construction à Art Mûr (2024), Aperception at l’UQAM (2023), Ouverture(s), Art mobile in Quartier Latin, Art Cible at Galerie 2112, the public art project of the REM – Programme UniR, and the Symposium de la Peinture de la Petite-Rivière-St-François.

Artistic approach


In the digital age of immediacy, where images abound and our gazes flicker
in the economy of attention, my paintings seek stability. They slow down expectations. They forge a tangible link between our online and offline realities. They embrace the exponential circulation of images on the web so that it settles. My paintings hybridize and mutate, directly on the canvas, images sourced from various origins: the web, the canons of Western art history, my sketchbook, and my cellphone camera. Whether online or offline, in the past, present, or future, realities intertwine. My paintings question these temporalities by engaging with the history of painting and its biased
iconographic baggage it represents. How are our gazes still structured by visual norms of the 17th century and how does this affect our way of seeing, painting, and even
conceiving the world in which we immerse ourselves?

Through the materiality of painting, a multiplicity of focal points and heterogeneity
of finishes, my work attempts to transform the expectations of the gaze. It is precisely in a context populated by screens, where the economy of attention, social networks, and AI algorithms feed our daily lives, numbing our gazes and consciousnesses, that my painting seeks deceleration. How to slow down our gazes through diversification of visual strategies? How to guide awareness of exponential data accumulation on our screens by softening data as it moves from the screen's surface to that of the canvas? Hence, my practice explores attraction-repulsion and ambiguity strategies, to draw the gaze towards beauty standards from art history, and then to impose subjects questioning the gaze, criticizing our lifestyles.

Recently, my paintings recontextualize the concepts of transformation, speed, and multiplicity of viewpoints that greatly stimulated futurists and cubists at the dawn of modernity. These ideas apply remarkably well even today, in a society of acceleration, productivity, and standardization, challenging our creation processes. How can AI image production serve my painting constructions? How to make visible the ambiguity of our realities as much online as offline? Thus, the dialogue established between the history of painting and our current image era, this questioning of the gaze, body, and tangible, takes on a powerful role as it enters public space.

FR (EN above) 

Biographie  

Sarah Cloutier est une artiste peintre figurative basée à Montréal. Elle complète présentement une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM (Montréal) et elle est diplômée de l’Université Concordia (Montréal) avec une majeure en Studio Art et une mineure en Sociologie. Ses recherches artistiques explorent le rôle de la matérialité de la peinture à l’ère du numérique et de l’économie de l’attention. À travers la peinture, elle questionne le regard et fait entrer le présent, vécu et senti, en dialogue avec l’histoire de l’art. Sa peinture interroge l’aliénation du corps et de la pensée en contexte d’hyperproductivité, ainsi que le mythe de l’immatériel qui façonne l’ère du numérique. Son travail a fait l’objet de deux expositions solos, Comprendre qu’on ne comprend rien (2022) et Vanités de confinement (2022). Il a également fait partie de plusieurs expositions collectives, dont Peinture fraîche et nouvelle construction à Art Mûr (2024), Aperception à l’UQAM (2023), Ouverture(s), L’art qui redonne dans le Village, le projet d’art public du REM – Programme UniR, et le Symposium de la Peinture de la Petite-Rivière-St-François.

 

Démarche artistique


À l’ère du numérique et de l’instantanéité, où les images pullulent et nos regards s’agitent dans l’économie de l’attention, mes peintures cherchent une stabilité. Elles décélèrent les attentes. Elles tracent un lien tangible entre nos réalités en ligne et hors ligne. Elles embrassent la circulation exponentielle des images sur le web afin qu’elle se dépose.

Mes peintures hybrident et font muter, à même la surface de la toile, des images provenant de différentes sources : du web, des canons de l’histoire de la peinture occidentale, de mon cahier de dessin et de la caméra de mon cellulaire. Que ce soit en ligne ou hors ligne, dans le passé, le présent ou le futur, les réalités s’entremêlent. Mes peintures questionnent ces temporalités en dialoguant avec l’histoire de la peinture et le bagage iconographique biaisé qu’elle représente. En quoi nos regards sont-ils encore structurés par les normes visuelles du XVIIe siècle et comment cela affecte-t-il notre manière de voir, de peindre, et même de concevoir le monde dans lequel nous baignons ? Grâce à la matérialité de la peinture, une multiplicité de points focaux et une hétérogénéité des rendus, mon travail tente de transformer les attentes du regard. C’est précisément dans un contexte peuplé d’écrans, où l’économie de l’attention, les réseaux sociaux et les algorithmes d’I.A. alimentent nos quotidiens, abrutissant nos regards et nos consciences, que ma peinture est en quête de ralentissement. Comment décélérer nos regards par la diversification des stratégies visuelles ? Comment guider la prise de conscience de l’accumulation exponentielle de datas dans nos écrans par l’adoucissement des données lorsqu’elles passent de la surface de l’écran à celle de la toile ? Voilà pourquoi ma pratique explore les stratégies d’attraction répulsion et d’ambiguïté, afin d’attirer le regard vers des standards de beauté issus de l’histoire de l’art, pour ensuite imposer des sujets interrogeant le regard, critiquant nos modes de vie.

Récemment, mes peintures recontextualisent les concepts de transformation, de vitesse et de multiplicité de points de vue qui stimulaient grandement les futuristes et les cubistes au criant de la modernité. Ces idées s’appliquent prodigieusement bien encore aujourd’hui, en société d’accélération, de productivité et de standardisation, remettant en question nos processus de création. Comment la production d’images par l’IA peut-elle servir mes constructions picturales? Comment rendre visible l’ambiguïté de nos réalités tout autant en ligne qu’hors ligne? Le dialogue ainsi établit entre l’histoire de la peinture et notre ère actuelle de l’image, ce questionnement du regard, du corps et du tangible revêtit un puissant rôle en entrant dans l’espace public.